Lecture/Ciné : La Fille du Train

Vous avez certainement entendu parler du record d’affluence dans les cinémas pour l’année qui vient de s’achever. Je ne déroge pas aux statistiques puisque je pense, sans aucune originalité, faire partie de ces gens qui ont plus souvent mis les pieds dans les salles obscures en 2016 que les autres années. Et ce en partie grâce aux prix avantageux proposés via nos CE mais aussi grâce à quelques invitations « Gaumont » qu’on a eu la gentillesse de glisser dans ma boite à lettre cette année. Une petite nouveauté qui m’a encouragée à varier les thématiques de ce blog.

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La Fille du Train (2016) – Tate Taylor

d’après l’œuvre originale de Paula Hawkins

 

Aujourd’hui, je publie quelques mots sur « La Fille du Train » sorti et visionné il y a déjà 2 mois.

Je m’y prends tardivement mais je souhaitais quand même en faire une revue car ayant apprécié la lecture du roman de Paula Hawkins, j’attendais beaucoup de cette adaptation sur grand écran.  Cet article sera d’ailleurs, en quelques sortes, une critique comparative des deux oeuvres alors si vous souhaitez conserver toute la surprise de votre lecture ou de votre visionnage, repassez me lire plus tard.

Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller et revenir de Londres. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe une jolie maison. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle aperçoit derrière la vitre : Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Mais un matin, elle découvre un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

J’ai lu, non plutôt… J’ai dévoré le livre !

… Qui offre une lecture plutôt atypique pour un roman de fiction, surtout un thriller, dans la mesure où chaque chapitre nous offre le récit introspectif d’un personnage à une date précise. J’avais adoré ce format semblable à la lecture d’une correspondance ou d’un journal intime.

Cette particularité narrative et rythmique, on la retrouve quasi-intacte dans le film puisque l’histoire y est fragmentée de la même manière. On la découvre par bribes, les points de vue se confrontent aidés par des flashbacks particulièrement déconcertants. Plus l’intrigue progresse, plus les protagonistes se retrouvent, malgré eux, liés les uns et autres.

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A l’écran, les personnages correspondent parfaitement à l’image que je m’étais fait d’eux au cours de ma lecture. Le casting de l’adaptation m’a convaincue, j’ai trouvé Emily Blunt parfaite dans la peau de Rachel dans chacun de ses états (sobre/ivre) et les autres excellent tout autant dans leur rôle !

S’il est vrai que j’ai trouvé les portraits fidèles, il y a quand même une petite exception… Alors que dans le bouquin, le personnage de « Scott » (compagnon de la disparue) semble tantôt bouleversé, inconsolable, tantôt agressif, sur la défensive, il apparaît dans le film sous un seul visage, celui du mec froid, distant, presque détaché de la disparition de sa femme. Cette interprétation ne laisse aucune place à l’empathie. Tout est poussé à la caricature pour que le public n’ait pas d’autre choix que d’envisager sa culpabilité dans la disparition de Megan.

J’ai pourtant (et de loin), préféré le personnage du livre, plus nuancé, difficile à cerner. Cette peinture plus réaliste laissait le lecteur en proie au doute d’une manière beaucoup plus subtile. Je n’ai d’ailleurs pas bien compris le parti pris de remplacer la scène de séquestration (angoissante au possible dans le livre) par une scène d’intrusion au domicile de Rachel.

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Cette impression d’avoir parfois affaire à des caricatures, je l’ai également ressentie dans le jeu de Megan ou encore du psy. J’ai regretté qu’à certains moment les traits de ces personnages à fort caractère soient trop mis en lumière voire carrément exagérés quand l’implicite aurait pu mieux servir le film et son intrigue.

On note aussi que dans le livre, l’histoire se déroule dans la banlieue de Londres alors que dans le film il s’agit de New-York. Pour moi c’est un détail sans grande importance. Pour ceux qui se poseraient la question de l’intérêt ou de la valeur ajoutée ? Ne cherchez pas, c’est une grosse production américaine donc c’est simplement du marketing !

Malgré ces 3 petites choses qui m’ont fait tiquer, l’adaptation tient la route. (Où plutôt sur les rails)

La tension est palpable, elle nous tient en haleine durant les 2h sans aucune difficulté. Il n’y a pas de temps mort et le film progresse crescendo sur un dénouement saisissant qui, bien que fidèle au roman, aurait pourtant mérité d’être suggéré plutôt qu’affiché de manière ostentatoire. N’étant pas particulièrement friande de « gore », je dois avouer que cette scène en gros plan ne m’aurait pas manquée si elle avait été abordée différemment… Ou a minima, cadrée d’une manière plus décente. S’agissant d’un thriller « psychologique », j’ai trouvé que c’était une sérieuse faute de goût de la part du réalisateur.

Enfin, comme j’accorde toujours beaucoup d’importance à la musique dans un film, je terminerai sur quelques mots au sujet de la bande originale de Danny Elfman (que l’on ne présente plus). Aussi talentueux soit-il, au moment de rédiger cet article, impossible de me souvenir de la bande son. Je l’ai donc réécoutée pour me rafraîchir la mémoire… Et pour moi, il manque un « truc », une signature marquante. Car malgré mon écoute toute récente, la seule musique qui me restera en tête ce soir sera le remix de « Heartless » de Kanye West, que l’on peut entendre dans la bande-annonce.

Je cherche la petite bête (c’est le but d’une critique) mais globalement, la majorité de ceux qui ont vu le film sans connaître l’histoire a été bluffée par le jeu des acteurs, le scénario et son dénouement.

Pour ma part, je suis sortie du ciné ravie avec le sentiment que l’œuvre originale avait été relativement bien respectée. Je suis pourtant difficile à satisfaire quand il s’agit d’adaptations. Ce qui me fait dire que Tate Taylor s’en sort bien. Adapter un livre au cinéma et obtenir la reconnaissance du public et des lecteurs est un exercice plus difficile qu’il n’y paraît !

Exceptés les écarts cités plus hauts, j’applaudis l’effort d’avoir intégré dans le scénario, chaque détail et chaque anecdote voulus par l’auteur concernant le mode de vie et le passé des personnages, là où d’autres se seraient contentés d’ « élaguer » pour faire du sensationnel. Tate Taylor a également respecté toute la force des personnages féminins, grisés par un passé difficile et obligés malgré tout de trouver leur place au sein d’une société qui ne leur propose d’exister que par leur rôle de mère et/ou d’épouse.

C’est selon moi ce souci du détail combiné à un savant casting qui donne au film « La fille du train » une certaine authenticité.

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10 réflexions sur “Lecture/Ciné : La Fille du Train

  1. Coucou Laura ! J’ai adoré le livre que j’ai lu cet été mais je n’ai pas vu le film et le regrette au regard de tes commentaires. En général, je suis déçue par les adaptations mais là ça m’a l’air intéressant. Merci pour ton avis.

    • Merci pour ta visite et ton commentaire 🙂 Si tu attends le DVD, ça devrait ne pas trop tarder… Tu me diras ce que tu penses de l’adaptation par rapport au livre.

  2. Et bien tu m’as donné envie de lire livre ! je n’aime pas trop voir les films avant les bouquins, d’un autre côté j’aime beaucoup Emilie Blunt … cruel dilemne, sachant que j’ai un paquet de bouquins à lire et jamais le temps et que voir le film serait la solution rapide … 🙂

    • Si ça peut te rassurer, il est extrêmement difficile de s’arrêter de lire le livre une fois qu’on l’a commencé … Donc ça ne devrait pas trop retarder ta pile de lecture 😉

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